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Interview... Frédéric Bertrand |
Serge Lecoq : Frédéric, tu es compositeur. Depuis combien de temps fais-tu de la musique?
Frédéric Bertrand : .Sérieusement, depuis l’âge de quinze ans. Mais je me rappelle mes premiers cours de piano à l’âge de cinq ans, avec ma grand-mère paternelle qui me jouait ses compositions. Si je fais de la musique aujourd’hui, le contexte familial y est sans doute pour beaucoup. C’est peut-être aussi l’aspect ludique du « synthé » qu’on m’a offert à quinze ans, qui m’a poussé à la composition. C’est à ce moment-là que j’ai composé les musiques qui allaient devenir « Vieil ange de minuit » et « Le masque de Hyde ».
Serge Lecoq : Deux chansons que tu signes avec Daniel Louvet avec lequel tu as choisi de travailler.
Frédéric Bertrand : Oui, ainsi que « Des mots simples » et « Les paradis noirs ». La première que nous ayons écrite ensemble est « Le masque de Hyde ». Après quelques essais infructueux avec d’autres auteurs, j’ai enfin trouvé en Daniel l’auteur capable de faire un texte sur cette musique à laquelle je tiens beaucoup pour diverses raisons. Notamment parce que c'est le fruit d’un travail de longue haleine sur une passacaille de Haendel.
Serge Lecoq : Tu as donc une formation classique ?
Frédéric Bertrand : Oui. J’ai étudié le piano au conservatoire. Je suis actuellement en maîtrise de musicologie. J’ai toujours eu un goût égal pour la musique classique et pour la variété. D’où « Le masque de Hyde » auquel Daniel, en faisant l’arrangement, a apporté sa conception de l’accordéon.
Serge Lecoq : Comment travaillez-vous ensemble ?
Frédéric Bertrand : De manière générale, je compose d’abord la musique, puis Daniel écrit le texte. Il me laisse une totale liberté de composition, je lui laisse une totale liberté d’écriture, et nous voyons ensemble le type d’arrangement vers lequel nous souhaitons aller tous les deux. Nous avons des conceptions qui se révèlent parfois très différentes. « Vieil ange de minuit », auquel Benjamin Courtoux a collaboré pour les guitares, porte les traces d’une culture musicale qui est plus celle de Daniel que la mienne, alors que dans « Des mots simples », c’est le contraire.
Serge Lecoq : En somme, vous vous complétez ?
Frédéric Bertrand : Oui, c’est un travail sur le long terme. Chacun apporte son savoir-faire personnel. « Vieil ange de minuit » constitue en quelque sorte la synthèse de deux idéaux musicaux. Le classicisme, la forme, l’harmonie d’une part. et la modernité, l’étrangeté, une certaine forme de dissonance d’autre part. Je simplifie, bien sûr ! Chacun de nous sait être un peu Jekyll, un peu Hyde. C’est une forme de connivence. Connivence qu’il faut aussi entretenir avec les chanteurs qui interprètent nos chansons.
Serge Lecoq : Francis Williart, Marion Bailly et Christophe Meyer en l’occurrence.
Frédéric Bertrand : Oui, les chansons ont été écrites, arrangées en pensant à eux. Il me paraissait intéressant de faire chanter « Le masque de Hyde », ce texte inquiétant, à Francis qui est la gentillesse et la discrétion même. Son interprétation chaleureuse, son immédiateté dans l’émotion permettent de montrer toute l’ambiguïté du texte, à la fois intimiste et spectaculaire dans le tranchant, le mordant des phrases. « Des mots simples » réclamait un autre type d’interprétation. Cette chanson, tant du point de vue de la mélodie que du texte, met en valeur les possibilités vocales et expressives de Marion. Quant à « Vieil ange de minuit », la diction particulière de Christophe paraissait tout indiquée pour donner une couleur « étrange » à cette chanson.
Serge Lecoq : Sans oublier Carine Brard, présente sur l’album.
Frédéric Bertrand : Qui interprète
des chansons écrites pour elle par Daniel et Pascal
Dhuicq. Notamment « Enfants du ciel »,
qui met particulièrement en valeur son timbre clair, la justesse
de l’émotion contenue dans sa voix.
Serge Lecoq : Je viens d’employer un terme qu’emploient
Daniel et Pascal à propos du disque que nous avons réalisé
ensemble, le terme « album ».
Frédéric Bertrand : Il y a en effet une unité perceptible sur ce disque, une homogénéité conjuguant les talents personnels des uns et des autres. Que ce soit avec Daniel, Pascal ou bien avec Benjamin Courtoux, sans oublier Olivier Le Guen, le travail a été un travail d’équipe. Il y a à la fois un éclectisme musical et une unité sonore due à un travail sur le son, le but étant de mettre en valeur l’interprétation des chanteurs avec lesquels nous travaillons.
Serge Lecoq : Un travail qui, je suppose, va se poursuivre. Quels sont tes projets actuels après la sortie du C.D. deux titres de Francis Williart et la sortie de cet album ?
Frédéric Bertrand : Eh bien, travailler avec Daniel sur de nouvelles chansons pour chacun de nos interprètes. en attendant la sortie du disque pour lequel nous avons tous tant travaillé !
Serge Lecoq : De nombreux projets en cours donc, dont
nous aurons l’occasion de reparler après la sortie du Volume
4 des « Nouveaux Talents ».
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